Le 22 juillet 2026
Chauffer, oui. Rafraîchir, comment ? La question qui reste
sans réponse à Ferro-Lèbres
Retour sur le Conseil Municipal du 9 juillet et sur ce que
révèlent vraiment les études de l'aménagement. Une question précise,
une réponse à côté
Lors du Conseil Municipal du 9 juillet, M. Larbi , Elu de
l’opposition, a posé une question simple et
concrète à la Mairie : le réseau de chaleur du Mirail annoncé sera-t-il
capable de chauffer et de refroidir les 750 logements prévus dans la ZAC Ferro-Lèbres ?
La réponse apportée par Mme Sylvie Alary a porté sur tout autre
chose : l'aménagement d'îlots de fraîcheur, la végétalisation et les approches paysagères passives. Rien, en
revanche, sur la capacité technique du réseau
à produire du froid.
Faut-il en conclure que la question n'a pas été entendue ? Rien ne
permet de l'affirmer. Ce qui est vérifiable, en revanche, c'est le décalage : à une question sur une capacité
technique (le réseau peut-il produiredu froid ?), la Mairie a opposé une réponse sur l'aménagement paysager.
Ce distinguo n'est
d'ailleurs pas un hasard : il reflète une doctrine que l'on retrouve dans
l'ensemble des études du projet. Le
rafraîchissement passif y est systématiquement privilégié, tandis que la
climatisation active n'apparaît dans
aucun document — ni en 2016, ni en 2025.
Pour mémoire, le projet lors de l’étude de définition, avait écarté le
raccordement au Réseau de Chaleur du Mirail, un projet de réseau de chaleur local avec chaudière au bois, la
Géothermie et retenu une production de
chaleur (chauffage et eau sanitaire par chaudière individuelle au gaz).
Vous pouvez visionner cet échange dans la vidéo du Conseil
Municipal, à partir de 1h15 de la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=a52mI7KrcMw
Ce que dit vraiment la
réglementation (RE2020)
Beaucoup pensent, à tort, que la réglementation environnementale
RE2020 interdirait la climatisation dans les constructions neuves. C'est inexact : Rien dans la loi n'empêche
d'anticiper un système, collectif ou
individuel, de froid actif pour Ferro-Lèbres.
Pourquoi le 100 % passif
de la RE2020 ne suffira pas sur la durée de vie des bâtiments
Même si la RE2020 marque un progrès par rapport à l'ancienne
RT2012, se reposer uniquement sur le
rafraîchissement passif ne suffira pas à garantir le confort d'été sur
toute la durée de vie des bâtiments (50 à
100 ans). Elle comporte en effet des failles méthodologiques majeures
face à la réalité du réchauffement climatique :
1. Une météo de
référence déjà obsolète
Les logements validés aujourd'hui sont dimensionnés pour résister
à une vague de chaleur ponctuelle, pas
pour faire face à des canicules répétées, plus longues et plus intenses qui
deviendront la norme dans 20 ou 30 ans.
2. Un plafond
d'inconfort qui accepte de la souffrance thermique
La RE2020 valide des bâtiments qui restent réglementairement
conformes tout en subissant l'équivalent
de 25 jours et 25 nuits consécutifs à plus de 28 °C le jour et 26 °C la nuit.
Ce seuil tolère un niveau d'inconfort
très difficile à vivre au quotidien pour des personnes âgées, des enfants ou
des travailleurs en télétravail.
3. La défaillance de la
surventilation nocturne
Le pilier du rafraîchissement passif repose sur la surventilation
nocturne (ouvrir les fenêtres la nuit
pour évacuer la chaleur). Ce principe théorique s'effondre dans la
réalité car lors des fortes canicules, la température extérieure ne descend plus sous 22–25 °C en milieu
urbain. L'air ne rafraîchit plus la structure du bâtiment.
4. Le piège des «
passoires thermiques d'été »
En isolant fortement les bâtiments par l'intérieur on crée un
effet thermos : une fois que la chaleur s'est infiltrée après 3 ou 4 jours de canicule, elle reste piégée. Sans
système pour l'évacuer, le logement
devient invivable pour le reste de l'été.
Ce que prévoient (et ne
prévoient pas) les études de Ferro-Lèbres
L'analyse des documents d'urbanisme montre une ligne constante depuis près de dix ans :
Le bureau d'études de
2016 visait explicitement à éviter la climatisation plutôt qu'à
l'anticiper. L'échange au Conseil
Municipal s'inscrit donc dans cette doctrine constante.
Le réseau du Mirail : du
froid...mais pas pour nous ?
Créé en 1968, le réseau de chaleur du Mirail fonctionne à près de
99 % grâce à l'incinération des déchets. Il
produit du froid depuis 2017, mais ce volet est aujourd'hui réservé aux
bâtiments tertiaires (pôle santé,
bureaux) et ne dessert aucun logement.
Vous pouvez lire une analyse du « Réseau de chaleur et de froid
urbain du Mirail – Toulouse » dans ce
document :
https://drive.google.com/file/d/1vQzMKa6ps44ZeJHASSGnN_pxsOwa1VFf/view?usp=drive_link
La nouvelle concession attribuée pour 2023-2024 (un contrat de 320
millions d'euros sur 20 ans) est pourtant
prometteuse dans son libellé (« réseau de chaleur et de froid urbain »).
Mais son périmètre prioritaire de
développement reste restreint : Aucune extension vers l'ouest
(Tournefeuille ou Lardenne) n'est documentée.
Le problème n'est donc pas le calendrier (les premiers habitants
sont attendus en 2028, ce qui laisse du
temps), mais bien la géographie du réseau.
La question reste donc posée : Une solution alternative
(raccordement futur ou géothermie réversible
de quartier) a-t-elle été sérieusement étudiée, ou simplement écartée
par défaut faute d'avoir été posée à
temps ?
Vers la nécessité du «
froid passif mutualisé » ou « actif modéré »
Concevoir un projet pour
50 à 100 ans uniquement sur des règles passives conduira inévitablement à
un équipement anarchique a posteriori :
les résidents installeront eux-mêmes des climatiseurs individuels, peu efficaces, coûteux en énergie et rejetant leur
chaleur dans la rue (ce qui aggrave l'îlot de chaleur urbain).
La vraie solution durable ne réside ni dans la climatisation
individuelle classique, ni dans le 100 % passif naïf, mais dans l'anticipation de solutions collectives tempérées dès la
conception :
• Géothermie de surface / Puits canadiens
• Réseaux de froid urbain réversibles
• Ventilateurs de plafond
À noter : Les études
thermiques réalisées pour les équipements publics du secteur (école, crèche,
maison de quartier) ne sont pas
transposables aux logements collectifs. Chaque promoteur et bailleur social
sera renvoyé à ses propres choix.
À titre d’exemple, nous vous présentons un projet similaire
réalisé près de Montpellier (Pérols) : 21 500 m2 de bureaux et logements
chauffés et rafraîchis par géothermie depuis plusieurs années. Le coût de mise
en œuvre y demeure particulièrement
raisonnable. Vous trouverez tous les détails dans la fiche de l'ADEME ci jointe
Pourquoi cet enjeu nous
concerne tous
Face à la dérive climatique et à la multiplication des canicules,
le confort d'été n'est pas un détail
d'architecte, c'est un sujet de santé publique et de qualité de vie pour
les 750 futurs foyers de Ferro-Lèbres.
Laisser chaque ménage s'équiper individuellement au coup par coup,
c'est prendre le risque d'une
multiplication de clims individuelles, plus coûteuses, moins efficaces
collectivement, et créatrices de chaleur pour le voisinage.
Conclusion : anticiper,
ne pas subir
Avec l'intensification des canicules, les bâtiments de
Ferro-Lèbres devront, sur toute leur durée de vie, être en capacité d'assurer le confort de leurs
occupants pendant des périodes de forte chaleur de plus en plus fréquentes, longues et intenses. Ce n'est pas
une option architecturale parmi d'autres : c'est une exigence de santé publique.
L'association Ferro-Lèbres continuera d'interpeller la Mairie et
la SAS : le confort thermique d'été des futurs foyers ne peut pas reposer uniquement sur des haies et des arbres
d'ornement. Elles doivent relancer
sérieusement l’étude d’un projet de géothermie, qui est la seule
solution réaliste pour la ZAC.
Et vous, qu'en pensez-vous ? N'hésitez pas à réagir en commentaire ou à nous
contacter pour partager vos informations
ou questions à l’adresse mail : associationferrolebres@gmail.com

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